• Jimmy

Pourquoi ce passe-droit pour la manifestation de Génération Identitaire ?

« Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu hais » - Francis Blanche



Le 20 février 2020, se tenait, place Denfert-Rochereau à Paris, la manifestation contre la dissolution du mouvement d’extrême droite, nationaliste blanc, néofasciste, xénophobe et islamophobe (pour ne citer que cela) Génération Identitaire. Dissolution enclenchée le 13 février 2020 par le non moins sulfureux ministre de l’intérieur Gérald Darmanin n’hésitant pas il y a peu à titiller Marine Le Pen sur son terrain de prédilection (l’islamophobie) l’invitant à « reprendre des vitamines » car, la trouvant un peu molle sur le « sujet de l’Islam » (et non plus l’islamisme). Plus de feintise désormais, le mot est dit, le combat du gouvernement est bien contre l’Islam, rappel à ceux qui ne voulaient l’entendre de cette oreille.

Au vu des différentes sorties médiatiques des nombreux ministres islamophobes composant ce gouvernement, nul doute qu’il y a convergence d’idées entre l’Etat et génération identitaire, c’est pourquoi l’annonce de la dissolution en a surpris plus d’un. Cependant, nous constatons tous que le traitement lié à la dissolution de génération identitaire n’est pas exactement le même que pour BarakaCity et le CCIF. Il suffit d’aller sur leur site internet pour voir qu’il n’y a pas eu de sanction bancaire, leur page reste toujours active avec possibilité d’y adhérer et de faire des dons, leur compte n’a certainement pas été gelé. Un constat d’autant plus frappant lorsqu’on voit qu’une manifestation de soutien a été autorisé par la préfecture de police. Un constat d’autant plus frappant lorsqu’on voit des personnalités médiatiques et politiques soutenir ce groupuscule. Alors qu’elles en sont les enjeux ? Et qui sont leurs soutiens ?


Les enjeux sont simples


A n’en pas douter ils sont politiques ! La place du roi (président) est bonne, et tous veulent la couronne. A commencer par Macron qui est prêt à tout pour la garder sur sa tête. Depuis belle lurette les hommes ne font plus la politique, ils se laissent porter par le vent idéologique majeur au gré des sondages tels que IFOP (Laurence Parisot du MEDEF), CSA (Bolloré de CNEWS et Canal +), BVA (Natixis, banque d’affaire) …

Et le vent aujourd’hui souffle à droite, même à l’extrême-droite. Donc plutôt que d’imposer son idéologie et son programme politique, les politiciens préfèrent sortir la grand-voile et naviguer dans les eaux troubles de l’idéologie identitaire. Le problème étant que toutes les mers et les océans, aussi dégueulasses soient-ils, ont déjà leurs seigneurs de guerres (le FN/RN) assistés de leurs petits vassaux (Génération Identitaire étant l’un d’eux).

Et c’est là que nous revenons sur la pitoyable stratégie de Gérald Darmanin qui, tels les héros homériques, veut s’attaquer à la tête (Marine Le Pen) et les jambes (Génération Identitaire). Car oui ma longue allégorie sur la guerre maritime, exprime parfaitement bien l’état d’esprit des hommes politiques français, et ce avec la subtilité hypocrite que nous leur connaissons. Nous assistons à une guerre, politique certes, mais une guerre quand même. Les protagonistes étant le FN/RN dont la stratégie de dédiabolisation du parti reste compliquée vu son historique, malgré leur victoire idéologique, et les autres charognards de la droite que sont LR et LREM essentiellement.



Cependant il est difficile pour un ministre qui supervise des troupes ayant massivement voté pour Marine Le Pen durant l’élection présidentielle de 2017 (54% des policiers et gendarmes avaient voté pour Marine Le Pen au 1er tour selon le Cevipof) d’imposer son rythme de croisière. Bien qu’il en soit le capitaine, la majorité de ses lieutenants et de ses rameurs restent proches de cet environnement pro-identitaire.


Les soutiens idéologiques de Génération identitaire


Didier Lallement, le tonton policier : Oui, même s’il ne s’est pas exprimé verbalement pour soutenir cette entité xénophobe (devoir de réserve oblige) bien souvent les actes valent plus que les mots, et dans ce cas de figure, l’inaction est un acte fort. Didier Lallement est le préfet de Police de Paris, et de par son statut peut faire la pluie et le beau temps dans une manifestation. Rappelons-nous de la manifestation pour Adama Traoré place de la République dont il avait interdit le cortège. Nous avions eu le droit à une sortie acrobatique de Génération Identitaire invectivant les manifestants par une banderole victimaire sur un prétendu « racisme blanc ». Intelligemment pris au piège, ils avaient appelé la police afin qu’ils viennent les sortir de leur panade. Et 3h après, tonton Lallement fait une sortie sur Twitter menaçant de saisir la justice pour propos antisémites répétés envers les militants de Génération Identitaire.



Marine Le Pen, la tata politicienne : qui malgré tout est un peu gênée, parce qu’à l’image d’un Oda Nobunaga et son vassal Tokugawa Ieyasu (oui ! Il y a de la culture G) elle mène sa propre guerre, et bien que le réseau de Génération Identitaire lui soit utile dans sa conquête, leurs intérêts ne collent pas totalement. Cependant, le RN reste leur plus grand soutien politique. On le constate dans les différentes sorties médiatiques de la candidate à la présidence avec l’argumentaire de base que tout élu de la république se doit d’avoir : « liberté d’expression », « Etat de droit », « libertés publiques ». D’ailleurs, le petit groupuscule d’extrême droite se targue du soutien de la matrone, et de nombreux généraux du RN sur son site internet.



Gilles-William Goldnadel, le tonton avocat du showbiz : qu’on ne présente plus, connu pour son soutien au gouvernement d’extrême-droite Israélien, également présent sur la page de soutien de Génération Identitaire, et pour cause il en est leur avocat. Jusqu’à présent, il n’avait montré que des signes de sympathie distancier sur les plateaux télévisés. Bien que proche de Netanyahu, tous les extrêmes ne se valent pas, ce n’est pas parce qu’on soutien une politique d’éradication des musulmans en Palestine qu’on peut forcément s’associer sereinement avec un groupuscule islamophobe qui prône la « remigration ». Peut-être souhaiteront-ils, à terme, renvoyer les juifs en Israël comme le demandait leur ancien porte-parole, Pierre Larti. Mais apparemment tout ça a été éclaircit après un mea culpa du nouveau porte-parole de génération identitaire sur la page « le monde juif ». Donc on peut sortir les arguments fallacieux de « déni de démocratie » et « d’honneur d’avocat » pour essayer d’endormir la foule, bien que nous sachions tous que l’esprit de défense est plus basé sur l’adage « l’ennemi de mon ennemi » que celui de l’honneur.

Bien évidemment d’autres forces sont à la manœuvre, Génération Identitaire a bien plus de soutiens que nous le pensons. Et contrairement aux soutiens qu’aurait pu avoir le CCIF longtemps jugé moins subversif que BarakaCity, les soutiens de Génération Identitaire n’ont pas peur de s’afficher. Il suffit de voir les noms et les fonctions de ceux qui ont pris position sur la page de ce mouvement venant du monde : de la politique (sénateurs, députés, maires…), des médias (journalistes, rédacteur en chef, chroniqueur TV…) « intellectuel » (écrivains, politologues, maîtres de conférences…)

https://generationidentitaire.org/petition-contre-la-dissolution-de-generation-identitaire/


Jimmy


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