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Marlène Schiappa, muftie de la République

Mardi dernier, Élisabeth Martichoux recevait Marlène Schiappa dans son émission "Le grand entretien" sur LCI. La ministre déléguée à la citoyenneté - des musulmans - est revenue sur la polémique créée de toute pièce par le gouvernement afin de produire une énième islamo-diversion. Celle sur l'islamo-gauchisme à l'université étant en jachère pour quelques semaines, une nouvelle polémique devait être enclenchée pour réduire le bruit médiatique autour des errements de la politique gouvernementale face à au Covid-19. Et quoi de mieux qu'un "ennemi de la République" pour focaliser toute l'attention des français ?


Marlène Schiappa et Gérald Darmanin ont pris la fâcheuse habitude de désigner comme "ennemi de la République" tout individus dont le discours représente une menace de réélection en 2022. Cela va du CCIF jusqu'à Marine le Pen. Le spectre est suffisamment large pour accueillir le casier judiciaire de Thierry Solère.


Comme on s'y attendait, Marlène Schiappa était dans son rôle d'actrice hollywoodienne. Plus d'outrance que dans "Le diable s'habille en Prada", plus de catastrophisme que dans "Armageddon" et plus de mensonges que dans "Arrête-moi si tu peux". On a aussi eu droit à quelques raccourcis encore plus efficaces que dans "Interstellar".

Le Milli Gorus, qui était un interlocuteur privilégié du gouvernement hier, vient d'être relégué au rang d'ennemi de la République. La fédération s'est mis à financer des terroristes ? S'est-elle mis à inciter à la haine ? Non, rien de tout ça. Elle a simplement décliné de signer une charte sans la moindre valeur légale. Tout va très vite avec ce gouvernement. Enfin... sauf la campagne de vaccination, ça va pas du tout hein. Ah... les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, c'est une catastrophe. Et le déploiement de la 5G, le Mozambique est en avance sur nous. Ah oui... Y'a aussi sur l'identité numérique qu'ils sont très en retard. Et sur la construction de logements HLM ! On y est pas... Et aussi sur le... Bon, oublions ce que j'ai dit finalement.


Mais en réalité ce qui a causé la sidération sur les réseaux sociaux, c'est ce qu'a dit Marlène Schiappa sur cette fameuse charte des principes républicains.


"Pourquoi on a fait cette charte? Parce qu'elle est engageante. L'idée c'est de ne pas mettre sa signature, c'est de dire comment on s'engage pour l'égalité femme-homme, pour la lutte contre l'homophobie. Est-ce que ça veut dire que dans les prêches on considérera que deux hommes ont le droit de s'aimer? de se marier? Que deux femmes ont le droit de s'aimer? de se marier? Comme le disent les lois de la République française..."


Je sais, je sais... Tes poils viennent de s'hérisser jeune entrepreneur islamiste, mais commençons dans l'ordre, veux-tu ? L'emploi du "on" lorsque la ministre dit : "pourquoi on a fait cette charte?" est déjà une petite douceur qui excite les papilles. Le ministère de l'Intérieur a donc été à la rédaction? C'est un secret de polichinelle, certes, mais on aimerait tout de même plus de discrétion.

Puis vient le bon gros gigot d'agneau : la légitimation du mariage homosexuel au sein du prêche des Imams. Marlène Schiappa entend via la charte, dicter aux Imams ce qu'ils doivent dire ou non. C'était déjà le cas quand la charte indiquait que les Imams ne pouvaient plus parler d'islamophobie d'État ou de politique. Peu s'en soucient mais le terme "politique" englobe tellement de sujets qu'il pourrait être désormais reproché à un Imam de parler de la situation de la mosquée avec la municipalité, de la situation des musulmans en France, du manque de réponse des politiques face à l'islamophobie ect. Soyons sérieux, comment dissocier citoyenneté et politique ? Comme dit précédemment, même si la charte n'a aucune valeur juridique, les Imams vont tout de même se contraindre à ne jamais dépasser le champs religieux.


Cette injonction du ministère de l'Intérieur n'a été imposée à aucun autre culte mais les fédérations signataires ont décidé d'entériner leur servilité à l'égard du pouvoir et par la même occasion d'assumer leur rejet par les français musulmans.


Au ministère de l'intérieur, beaucoup ont dit que la charte avait eu le mérite de faire la distinction entre le bon grain et l'ivraie. Difficile de leur donner tort.

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