• Abd Mezaga

La LICRA de Manuel Valls s’engage contre le racisme « anti-musulman »

Ce mercredi 19 mai, la LICRA (la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) et la mosquée de Paris ont annoncé un partenariat qui permettra aux victimes d’islamophobie de jouir d’une assistance juridique gratuite auprès de l’association anti-racisme. Les deux organismes ont également annoncé travailler conjointement à l’élaboration d’analyses sur « des problématiques actuelles liées au racisme anti-musulman et à la laïcité, de l’universalisme et des valeurs républicaines »


Les deux institutions ont déclaré que cette collaboration constituait « un moment historique pour les deux parties à la convention, en tant qu’acteurs associatifs partageant les mêmes valeurs universelles et républicaines ». La LICRA a également pour ambition de mener des actions de sensibilisation et d’information auprès des écoles.


Toutefois, l’on peut s’interroger sur le succès d’un tel rapprochement entre deux structures n’ayant aucune crédibilité auprès des jeunes, encore moins auprès de nos compatriotes musulmans. En effet, ces derniers ont de longue date saisi que la mosquée de Paris n’avait aucune ambition pour eux. Dans un récent article du Point, on apprend que Mohamed Sifaoui est le conseiller de Chems-Eddine Hafiz, recteur de la GMP.



Cette nouvelle a estompé les dernières bribes de confiance qui demeuraient encore entre le dirigeant de la mosquée du Vème arrondissement parisien et la communauté musulmane. Le 19 mai, il provoquait un - énième - tollé sur Twitter en revendiquant le droit à « la distanciation sociale » face aux femmes voilées.


Pour cerner un peu le personnage qu'est Mohamed Sifaoui, voici un petit "florilège" de ses tweet sur le voile :


Et cetera, Et cetera…

Évoquer le cas de Mohamed Sifaoui permet de faire la transition avec la LICRA. Mohamed Sifaoui n’est autre qu’un ancien du bureau exécutif. Il démissionne en septembre 2017 en indiquant que son origine est un frein au sein de l’association antiraciste, qui d’après lui, serait « communautariste ». Dans un communiqué sur Twitter, il précise que la « Licra n’est pas encore prête à accueillir des cadres d’origine maghrébine […], même des maghrébins laïques et démocrates, des progressistes luttant contre l’antisémitisme n’y ont pas leur place. »

Posture victimaire ?


Quant à la LICRA, elle souffre du même mal que l’ancienne structure dans laquelle se plaçait la mosquée de Paris il y a encore quelques mois : une absence totale de crédibilité. Si bien que lorsque la LICRA poste un tweet, elle prend souvent l’habitude d’empêcher les réactions des twittos. Concernant le terme « islamophobie », la LICRA bataille depuis de longues années afin d’en proscrire l’usage. Lors de la polémique autour de la subvention de la mosquée Eyyub Sultan par la mairie de Strasbourg, le Président de la LICRA Mario Stasi a publié une lettre ouverte dans le Figaro à la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian. Il profite de cette tribune pour torpiller le terme islamophobie : « Qui peut ignorer aujourd’hui que "l’islamophobie" est l’étendard de l’islamisme, qu’il a servi de justifications aux assassins terroristes islamistes de Charlie Hebdo et de Samuel Paty. ». C’est en substance mot pour mot ce qu’a dit Caroline Fourest lors des récents « États généraux de laïcité ». La pourfendeuse de la trinité impie : CCIF – Tariq Ramadan – Islamophobie, estime qu’« on a pas le droit de continuer à utiliser ce mot quand il tué tant de monde. Ce mot islamophobie, il a tué les dessinateurs de Charlie Hebdo, ce mot islamophobie, il a tué le professeur Samuel Paty, et demain à qui le tour ? »



Cette bataille sémantique a été initiée par le prédécesseur de Mario Stasi à la LICRA, le célèbre avocat Alain Jakubowicz. En 2016, ce dernier parlait de mener un « combat » contre le terme islamophobie, le qualifiant d'« imposture ».

Il l'a aussi désigné comme une « arme contre la laïcité »


Toujours en 2016, Alain Jakubowicz participait à un colloque nommé « Faux amis de la laïcité et idiots utiles », en compagnie de Céline Pina, Mohamed Sifaoui et Caroline Fourest. Il vilipendait le CCIF et son succès sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à parler d’un « succès incroyable » tout en s’insurgeant du concept de « racisme d’État » que défendait l’association aujourd’hui dissoute.



Il est vrai qu'à la LICRA, on a une conception bien particulière de la lutte contre les discriminations. Lors de « l’affaire Mennel » en 2018, alors que la jeune femme est insultée et menacée de toute part sur les réseaux sociaux, principalement en raison de son voile, la LICRA reprend sur son compte Twitter un dessin de Ranson, faisant l’amalgame entre la jeune fille et le djihadisme.



On peut clairement dire qu’aujourd’hui, le divorce est consommé entre la LICRA et les jeunes, mais c’est un constat qui pourrait être fait avec toutes ces anciennes structures antiracistes, comme SOS Racisme ou le MRAP. Elles sont jugées dépassées, sélectives dans leurs prises de position, sclérosées par les ambitions personnelles de leurs membres, opportunistes, proche des pouvoirs en place et manipulatrices…



Le dernier bijou de la LICRA : Valls au comité d’honneur


Revenons un instant sur la dernière adhésion à la LICRA qui a fait grand bruit : celle de Manuel Valls.

L’ancien Premier ministre est connu pour être celui qui a initié l’état d’urgence suite aux attentats de novembre 2015. En effet, cette période a été vécue comme un véritable traumatisme pour bon nombre de nos concitoyens musulmans : perquisitions abusives (celle du restaurant Pepper Grill notamment), les assignations à résidence tous azimuts (celle de Daoud, un aveugle devant pointer 3 fois par jour au commissariat avait particulièrement choquée sur les réseaux sociaux) et interpellations musclées ont été au menu de cette période où l’État de droit a été rangé au tiroir.



En 2018, Manuel Valls le mal-aimé des Français annonce quitter définitivement la vie politique et adresse « un au revoir chaleureux » aux Français et annonce sauter par dessus les Pyrénées afin de briguer la mairie de Barcelone. Il fait une campagne de droite dure, très axée sur la sécurité. Le 10 février 2019, il défile au coté de l’extrême-droite dans les rues de Madrid contre le socialiste Pedro Sanchez. Les résultats tombent en mai 2019, il termine bon 4ème et ne séduit que 13 % des électeurs. Alors que bon nombre de Français espérait le voir réussir son aventure ibérique afin que son exil soit définitif, il n’en fut rien. Depuis, Manuel Valls nous honore de sa précense en France mais un rapport de la Cour des comptes espagnole le rattrape et lui reproche des dépenses de campagne "non-déclarées" d'une valeur de 189.497 euros.


Visiblement remit de son nouvel échec electoral, Manuel Valls nous est donc revenu avec un livre dans la besace (Pas une goutte de sang français ) et une envie de peser sur les débats. Lui qui disait avoir tourné la page, indique désormais qu’il est « légitime pour participer à un débat crucial » pour la France. Depuis maintenant plusieurs mois, il enchaine les plateaux télés, les radios, accorde des entretiens à la presse écrite (notamment à Valeurs Actuelles) pour désosser « les islamo-gauchistes » de LFI et de EELV, la « mouvance décoloniale », la « cancel culture » etc. Manuel Valls est absolument partout dès lors que cela concerne l’Islam, les musulmans ou les français d’origine maghrébine. Après le rappel de Karim Benzema par Didier Deschamps, il est même revenu dans une tribune dans l’Express sur ses déclarations en 2015, dans lesquelles il disait qu’un « grand sportif doit être exemplaire [...] S'il ne l'est pas, il n'a pas sa place en équipe de France ». Dans cette nouvelle tribune, il conclut en disant que Karim Benzema sera observé sur « son attachement au pays dont il porte les couleurs ». Plutôt osé quand on garde en tête qu’il a abandonné son mandat de député pour briguer la mairie de Barcelone, et surtout quand on se remémore ses propos sur la radio de RAC1. Dans cette interview à la radio espagnole, un journaliste lui demande qui il préférerait voir l’emporter dans une finale de coupe du monde qui opposerait la France et l’Espagne, Manuel Valls répond du tac au tac : « L’Espagne ! ». Afin de donner davantage de gage, il ajoute « Quand le Barça a affronté le PSG, j'ai dit que je soutenais le Barça ! ». Pour quelqu’un qui ambitionnait de devenir Président de la République, c’est fâcheux.


Un des derniers fait d’arme de Manuel Valls est sa participation à une tribune parue dans le Figaro. Intitulée « Ceux qui menacent Israël nous menacent aussi », 76 personnalités « affirment leur solidarité avec le peuple israélien et appellent à lutter contre l'islamisme sous toutes ses formes, en Israël comme en France ». On apprend dans cette tribune qu’en « affrontant la figure avancée de l'islamisme à Gaza, Israël contribue à la défaite d'un totalitarisme islamique qui sévit aussi sur notre territoire. Il ne faut pas être grand expert pour comprendre cela et comprendre qu'au-delà de ce qui se joue au Proche-Orient, c'est probablement notre avenir, ici même, en France et en Europe, qui se joue aussi. » Ces mots auxquels souscrit Manuel Valls sont à remettre en perspective avec ceux qu’il tenait une semaine auparavant sur BFM , lorsqu’il fut invité à s’exprimer sur les manifestations pro-palestiniennes interdites par Gérald Darmanin : « C’est une exportation du conflit du Proche-Orient dans notre pays et ce sera comme en 2014. Cela sera une manifestation de soutien au Hamas, une organisation terroriste. » Manuel Valls soutient l’interdiction car il avait lui-même procédé à des interdictions de marche pro-palestinienne en 2014. Alors Premier ministre, il déclarait que « la France ne tolérera jamais que l'on essaie par la violence des mots ou des actes d'importer sur son sol le conflit israélo-palestinien ». Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Comme Manuel Valls n'en a jamais assez de créer la surprise, il a déclaré aujourd'hui à El Mundo qu'il comptait démissionner de son poste de conseiller municipal à la mairie de Barcelone afin de se consacrer à la politique française. En 2018, lorsqu'il abandonnait ses administrés Evryens en démissionnant de son poste de député pour la mairie de Barcelone, il avait assuré que même en cas de défaite, il resterait à Barcelone « quoi qu'il arrive ».

Valls, tout simplement.


Qui trouve t-on d’autre à la LICRA ?


On peut s’arrêter un instant sur l’une des coqueluches actuelles des médias : Rachel Khan. La juriste de formation semble être en mission commandée contre Rokhaya Diallo et Assa Traore. Celle qui se plaignait encore hier d’être « invisible en raison de sa couleur de peau », déclare aujourd’hui que « le discours victimaire des pseudo-antiracistes m’est insupportable ». Un changement radical de discours en l’espace de 2 ans que même l’ancien pro-palestinien Manuel Valls trouverait trop soudain. En 2018 seulement, Rachel Khan jouait avec uniquement des femmes noires dans une pièce de théâtre nommée « Sur la route », pièce dont le thème tournait autour de la dénonciation des violences policière. Assa Traore avait logiquement été invitée un soir à monter sur scène.




Désormais Rachel Khan dit d’Assa Traore qu’elle est « est convaincue de mener une bataille. Un combat profond. Mais pour mener ce type de combat sérieusement, il est préférable de ne pas porter de perruque ». La même année, elle participe à l’ouvrage « Noire n’est pas mon métier » avec entre autres Maissa Maïga Assa Syla et Nadege Beausson-Diagne.



Il y a un mois dans Jeune Afrique, elle revient sur cet ouvrage : « Les réunions avec les autres auteures de "Noire n’est pas mon métier" me saoulaient déjà… Le fait d’y être désignée comme "afro-descendante", qu’on passe plus de temps à se plaindre qu’à travailler... » Adoubée par la LICRA, le Printemps Républicain, Valeurs Actuelles et Marlène Schiappa, Rachel Khan semble s’être fait une place au soleil. On vous laisse cet article de Regards qui établit ce revirement avec précision.


Puis comment ne pas évoquer le cas de Jean-Pierre Obin, l’ancien inspecteur académique pour qui l’islamisme a pénétré nos écoles.



Ses anecdotes sont souvent moquées sur les réseaux sociaux. Jean-Pierre Obin prétend avoir reçu un signalement concernant une manifestation de CE2 et de CM1 dans une cour de récréation. Ces derniers défilaient en rang serrés au cri de « Allah Akbar! ». Dans les Grandes Gueules de RMC il raconte : « Je donne l'exemple très précis d'une fillette de CM2 qui arrive voilée à l'école, dont le père est disons salafiste pour simplifier, prédicateur dans une mosquée. Il lui interdit de participer aux activités de musique. Et qui au collège sera dans un institut privé religieux. Alors que c'est une gamine qui a un avenir magnifique, elle veut devenir pédiatre, elle lit énormément elle dévore tout ce qu'il y a à l'école. Mais chez elle n'a le droit de ne lire qu'un seul livre qui est le Coran ».



Dans son rapport de 2004 intitulé « Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires », il indique que « le mois de carême musulman est également une occasion de tension dans beaucoup d’écoles, de collèges et de lycées. Massivement suivie, pratiquée par des enfants de plus en plus jeunes (depuis le cours préparatoire), l’observance du jeûne est manifestement l’objet de surenchères entre organisations religieuses, qui aboutissent à l’émergence puis à la diffusion de prescriptions de plus en plus draconiennes, et de pratiques de plus en plus éprouvantes pour les élèves : ainsi de l’interdiction d’avaler le moindre liquide, y compris sa propre salive, qui entraîne la pollution des sols par les crachats... ». Il s’avère que c’est à Jean-Pierre Obin que Jean-Michel Blanquer a confié une mission pour harmoniser et améliorer la formation des enseignants et des chefs d’établissements à la laïcité.


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