• Agazem

Fin de l’impunité pour G. Chelli alias Ulcan ? Son avocat Gilles-William Goldnadel espère que non

Depuis hier, 5 affaires liées au militant d’extrême-droite Grégory Chelli sont en train d’être jugées au tribunal correctionnel de Paris. Ce dernier, réfugié à Ashdod en Israël depuis plusieurs années, brille de par son absence. Ancien membre de la « Ligue de Défense Juive », association considérée comme groupe terroriste aux États-Unis et en Israël mais étonnamment pas en France, le hacker s’était donné pour mission harceler toutes les personnes dont le discours étaient en rupture ou en opposition avec la politique israélienne envers les palestiniens. Pour ce faire, il passait des appels téléphoniques aux forces de l’ordre en se faisait passer pour quelqu’un d’autre et en faisant croire à un assassinat violent (par exemple) au domicile de la victime de son « canular ». Ces fameux canulars téléphoniques sont appelés « swatting », un anglicisme dont l’origine provient de la célèbre équipe du SWAT. Cette équipe tactique, l’équivalent américain de notre RAID ou GIGN, est chargée d’intervenir rapidement sur des situations extrêmes face à des forcenés ou des individus considérés comme très dangereux.

C’est donc ce type d’intervention ultra-spectaculaire qu’ont vécu les victimes du hacker israélien. Une expérience traumatisante en pleine nuit, qu’a subi Pierre Stambul, militantde l'Union Juive Française pour la Paix : « Les policiers tenaient en joue ma femme, bien vivante, que j'étais censé avoir tuée. La méprise aurait pu être dissipée très vite, mais je n'ai été libéré que bien plus tard, après être resté une heure menotté devant ma porte et sept heures en garde à vue. » Pas assez nationaliste t sioniste aux yeux de Ulcan, ce dernier lui laisse un message vocal pour le moins glaçant : « Petite salope de juif honteuse [...] fils de porc, enfant de putain. Ton père a été déporté, fils de pute, ton père te regarde d'en haut: juif honteux de mes couilles, putain de kapo, salope! »


Parmi les 5 affaires actuellement en jugement, il y en a une qui a mené à la mort d’un homme : le père de Pierre Haski. L’ancien patron du site d’information Rue 89, a vu ses parents être violemment agressés au téléphone par Ulcan. Le hacker leur annonce également la (fausse) mort de leur fils. Le père du journaliste n’a pas pu se remettre du traumatisme émotionnel subi. Il meurt quelques jours après d’un infarctus. Pierre Haski lui-même va faire les frais de cette haine, par 2 fois. Une première fois en août 2014, puis presque un an plus tard en en juin 2015. Le modus operandi est le même : Ulcan fait croire aux forces de l’ordre que Pierre Haski vient d'assassiner son épouse.

Autre victime notable de Ulcan au procès : Martine Aubry. La maire de Lille interrompt en 2014 le jumelage de sa ville avec Safed en Israël, suite à la sanglante opération militaire de Tsahal sur Gaza la même année. Après différents appels téléphonique insultants et menaçants, il appellera la gendarmerie en se faisant passer pour le mari de la maire socialiste afin de revendiquer son meurtre.


Alors qu’il revendiquait clairement ses « œuvres » sur Facebook et en direct sur son site de tchat en ligne « Violvocal », son avocat Gilles-William Goldnadel reste confiant en l’issu du procès : « Quand on regarde les dossiers, la plupart sont vides, il n’y a pas d’éléments qui puissent montrer que monsieur Chelli ait été à l’origine des faits qu’on lui reproche. Il manque tout. Je pourrais non seulement dire facilement que ce n’est pas lui, mais je n’aurais même pas à le dire, parce que c’est aux autres de m’expliquer que c’est lui. » Le médiatique avocat franco-israélien, qui oscille frénétiquement entre le plateau de « L’heure de pros » sur CNews et « Les Grandes Gueules » de RMC, a aussi actuellement pour client le groupuscule d’extrême-droite « Génération Identitaire ». Il aura pour mission de faire annuler leur dissolution par le ministère de l’Intérieur. Depuis quelques jours, il fait la tournée des medias afin de s’exprimer sur son nouveau client : le syndicat policier « Touche pas à mon flic ». Ce syndicat d’extrême-droite, s’est donné pour mission de faire passer Michel Zecler du statut de victime à bourreau. Selon la thèse défendue par ce syndicat et Gilles-William Goldnadel, « l’affaire Michel Zecler » serait une vaste fumisterie, visant à accroître la haine anti-flics. Pour en revenir au procès Ulcan, maître Goldnadel, qui choisit décidément bien ses dossiers, sait pertinemment qu’il sera ardu à la défense de faire reconnaître formellement les canulars et les harcèlements subis par les plaignants. Qui plus est, il n’ignore pas que même en cas de condamnation, il n’existe aucun accord d’extradition entre Israël et la France. Encore une fois, on ne peut que s’étonner – très naïvement – de cet état de fait lorsque l’on sait à quel point les relations franco-israéliennes sont étroites.

216 vues0 commentaire