• Abd Mezaga

Balles en caoutchouc israéliennes et LBD, quelles différences ?

Dans sa volonté de donner une bonne image de son armée, Israël et la grande majorité des médias occidentaux aime insister sur le fait que les militaires israéliens utilisent des balles en caoutchouc dans ses opérations de maintien de l'ordre à Jérusalem-Est. Ainsi, contrairement aux militaires qui patrouillent sur le reste de la Cisjordanie, ceux-ci useraient d’armes non-létales. Quand on parle d’arme non-létale et de balle en caoutchouc, l’on ne peut que penser à celles dont font usage nos forces de l'ordre : les controversés « LBD » ou « lanceur de balle de défense ». Une arme qui a éborgné tant de manifestants en France, notamment durant les épisodes gilets jaunes. D’ailleurs, le LBD est classé comme « arme de guerre » selon la réglementation internationale. On peut légitimement s'étonner de voir les gardiens de la paix faire du maintien de l’ordre avec des armes de guerre, mais ceci est une autre histoire...


Ci-dessous, un projectile de LBD. L’embout est entièrement en gomme, totalement arrondie et sans aspérité, ce qui induit une capacité de perpétration quasi nulle.


Ci-dessous, vous pouvez observer les stigmates d’un projectile de LBD sur la hanche d'un homme. L’impact est très violent car l’arme déploie pas moins de 160 joules. Le contact produit un hématome très large et diffus. Malgré cet état de fait, le LBD n’en demeure pas moins une arme pouvant causer des dégâts sévères et irréversibles. Les tirs, souvent au visage pour de bien étranges raisons, produisent systématiquement des fractures des os de la face.


Si le projectile atteint l’orbite, c’est l’énucléation assurée. Ci-dessous, on peut reconnaître Jérôme Rodrigues, qui comme une cinquantaine d’autres gilets jaunes, a été éborgné par un tir de LBD.


Toutefois, la comparaison entre les armes de guerre dont usent nos chers gardiens de la paix est sans commune mesure avec celle des soldats israéliens. Déjà, l’arme utilisée par les soldats de Tsahal est le fameux fusil d’assaut américain M16, sur lequel on fixe un canon spécial.


Les balles utilisées sont très denses, entièrement en acier. Seule une très fine couche de caoutchouc permet de donner le change. D’après un journaliste de Reuters, ces balles sont si "atypiques" qu’elles sont visibles en plein tir, si bien qu’elles apparaissent « comme des missiles de croisière » d'après son expérience.

L’usage de ces balles est réglementée. Il est interdit d’en faire usage sur les enfants, les femmes enceintes ou les personnes âgées. Il est aussi exigé de ne faire feu qu’au niveau des jambes. Pourtant, bon nombre d’enfants palestiniens ont été touchés à la tête. D'après une étude parue dans la revue scientifique BMJ Open en 2017, 1 tir sur 37 est mortel, 3 tirs sur 4 entrainent une blessure grave et 1 tir sur 6 laisse une infirmité permanente.


Preuve de la puissance destructrice de ces projectiles, l’on peut évoquer le cas d'Ahmed Abou al-Homs. En 2016, ce jeune garçon a 13 ans se rend chez sa sœur dans Jérusalem-Est. Il est pris en tenaille entre soldats israéliens et lanceurs de pierre palestiniens. Touché à la tête, il passe 45 jours dans le coma. Une partie de sa boite crânienne est arrachée dans l’impact.


Son oncle dit qu’avant, « Ahmed était un garçon intelligent, vif et dynamique » et que désormais « il ne peut que marcher ». Ahmed ne parle plus, ne lit plus, n’a quasiment plus d’interactions sociales. Deux ans auparavant, c’est Mohammed Sonoqrot, 16 ans, qui décède d’un de ces impact de balle sur le crane.


Les histoires macabres autour de l’usage de ces munitions sont nombreuses mais il est important d’évoquer celle de Abir Aramin. Nous sommes le 20 janvier 2007, à Anata, une localité dans le nord de Jérusalem. Abir a 10 ans, elle sort de l’école et marche avec sa sœur, à peine plus âgée qu’elle d’un an. Soudain, une détonation résonne. Abir s’écroule, sa tête saigne abondamment. Son crane est perforé. Transportée dans un hôpital de Jérusalem, elle sera opérée 7 heures durant mais décédera 2 jours plus tard.


Dans toutes ces affaires d’assassinat ou de mutilation, les soldats israéliens se défaussent systématiquement sur les lanceurs de pierre pour échapper à la justice.


Quand on sait la fascination de certains de nos politiques pour le modèle israélien (Eric Ciotti ou Christian Estrosi pour ne citer qu'eux), l'on ne peut que prier afin que ces personnes n'accèdent jamais au pouvoir.

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